Vous pensez maîtriser l’anglais ? Mais attendez… parlez-vous l’anglais de la Reine ou celui de l’Oncle Sam ? Un « biscuit » à Londres n’est pas du tout un « biscuit » à New York, et demander où se trouve le « lift » pourrait vous valoir un regard confus au Texas.
Ces deux variantes de la langue la plus parlée au monde, bien que parfaitement intelligibles entre elles, regorgent de pièges et de subtilités. De l’orthographe qui change d’un « u » à la grammaire qui préfère un temps verbal à un autre, ces nuances ne sont pas seulement anecdotiques ; elles impactent les affaires, les études (pensez IELTS vs TOEFL) et même votre compréhension de Harry Potter par rapport à Friends.
Maîtriser ces distinctions n’est pas un simple « nice-to-have ». C’est un atout stratégique. Que vous prépariez un voyage, visiez un marché spécifique ou cherchiez simplement à perfectionner votre anglais, comprendre quand utiliser « lorry » ou « truck » fait toute la différence entre parler anglais et le maîtriser.
Plongeons ensemble dans les 7 différences fondamentales qui séparent l’anglais britannique (BrE) de l’anglais américain (AmE).
Qu'est-ce que la différence entre l'anglais britannique et l'anglais américain ?
La principale différence entre l’anglais britannique (BrE) et l’anglais américain (AmE) réside dans le vocabulaire (les mots utilisés), l’orthographe (l’écriture des mots), la prononciation (l’accent) et, dans une moindre mesure, la grammaire. Bien qu’elles soient mutuellement intelligibles, ces variations reflètent l’évolution distincte de la langue sur deux continents, notamment influencée par le lexicographe américain Noah Webster.
1. Le Vocabulaire : "Chips" ou "Fries" ? Le choc des mots
La différence la plus évidente et la plus fréquente est le vocabulaire. Des centaines de mots du quotidien changent radicalement. Si vous demandez des « pants » (pantalon en AmE) au Royaume-Uni, on vous dirigera vers le rayon des sous-vêtements (BrE).
Cette divergence est souvent source de confusion, mais aussi d’une grande richesse.
📊 Tableau Comparatif de Vocabulaire Essentiel
| Concept (Français) | Anglais Britannique (BrE) | Anglais Américain (AmE) |
| Appartement | Flat | Apartment |
| Vacances | Holiday(s) | Vacation |
| Camion | Lorry | Truck |
| Coffre (voiture) | Boot | Trunk |
| Ascenseur | Lift | Elevator |
| File d’attente | Queue | Line |
| Centre-ville | City centre | Downtown |
| Code postal | Postcode | Zip code |
| Frites | Chips | (French) Fries |
| Chips (croustilles) | Crisps | Chips |
| Essence | Petrol | Gas(oline) |
| Téléphone portable | Mobile (phone) | Cell (phone) |

2. L'Orthographe : "Colour" vs "Color"
La divergence orthographique est largement attribuée aux réformes de Noah Webster (fondateur du dictionnaire Merriam-Webster) au début du 19e siècle, qui souhaitait simplifier l’orthographe et affirmer l’indépendance culturelle américaine.
📊 Graphique/Tableau : Principales Règles d’Orthographe
| Règle (BrE) | Règle (AmE) | Exemple BrE | Exemple AmE |
| -our | -or | Colour, Labour | Color, Labor |
| -re | -er | Centre, Theatre | Center, Theater |
| -ise / -yse | -ize / -yze | Organise, Analyse | Organize, Analyze |
| -ll- (verbes) | -l- | Travelling, Cancelled | Traveling, Canceled |
| -ce (noms) | -se | Licence, Defence | License, Defense |
| -ogue | -og | Catalogue, Dialogue | Catalog, Dialog |
3. La Prononciation : L'énigme du "R" et la danse des voyelles
C’est ici que l’oreille fait la différence. L’accent est la distinction la plus difficile à maîtriser.
Le « R » (Rhoticité) : C’est la règle d’or. L’anglais américain est « rhotique », ce qui signifie que le ‘r’ est presque toujours prononcé (ex: hard, car). L’anglais britannique standard (Received Pronunciation) est « non-rhotique » ; le ‘r’ est silencieux sauf s’il est suivi d’une voyelle (ex: caH, haD).
Le « T » : En AmE, le ‘t’ entre deux voyelles se transforme souvent en un « flap t », proche d’un ‘d’ rapide (ex: water sonne comme « wadder »). En BrE (surtout à Londres), il peut devenir un « glottal stop » (un arrêt bref, comme dans « wa’er »).
Les Voyelles : Le ‘a’ dans bath ou dance est un ‘a’ court en AmE (comme dans cat), mais un ‘a’ long et ouvert en BrE (comme dans far).
4. La Grammaire : Des subtilités qui comptent
Les différences grammaticales sont plus rares, mais cruciales pour un locuteur avancé.
Noms Collectifs : En BrE, un nom collectif (comme team, government, band) peut être traité au singulier ou au pluriel. (ex: « The team are winning »). En AmE, il est presque toujours au singulier (ex: « The team is winning »).
Present Perfect vs. Past Simple : Les Américains utilisent souvent le Past Simple pour des actions récentes qui ont un résultat dans le présent, là où les Britanniques insistent sur le Present Perfect.
AmE: « I just ate. » / « Did you eat yet? »
BrE: « I have just eaten. » / « Have you eaten yet? »
Prépositions :
BrE: « at* the weekend » / AmE: « on* the weekend »
BrE: « different to / from » / AmE: « different from / than«
5. L'avis de l'Expert
La séparation des deux langues n’est pas une dégradation, mais une évolution naturelle.
« L’anglais américain et l’anglais britannique ne divergent pas au point de devenir des langues séparées. Ils sont plutôt comme deux ruisseaux qui ont jailli de la même source, ont suivi des cours légèrement différents, mais se rejoignent continuellement. »
— Lynne Murphy, Professeure de Linguistique à l’Université du Sussex et auteure de The Prodigal Tongue.
6. Expressions Idiomatiques et Argot (Slang)
C’est là que la communication peut vraiment dérailler. Utiliser un terme d’argot britannique à New York n’aura aucun effet, et inversement.
Britannique (BrE) :
Gobsmacked (Extrêmement surpris)
Knackered (Épuisé)
Cheers! (Merci / Santé / Au revoir)
Bob’s your uncle! (Et voilà !)
Américain (AmE) :
Pissed (En colère) — Attention : « Pissed » en BrE signifie « ivre » !
Knock it out of the park (Réussir brillamment)
Plead the fifth (Refuser de répondre)
What’s up? (Quoi de neuf ? / Salut)
Spelling is difficult and one problem is that there are differences between British and American English.For example, Brits say "prioritise" and Americans say "prioritize."😵💫Here's a simple guide to the difference.🔽
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7. Lequel choisir ? Contexte et Objectifs
La « meilleure » version n’existe pas. Le choix dépend entièrement de votre objectif.
Pour les Affaires : Visez-vous le marché américain ou la Silicon Valley ? Utilisez l’AmE. Travaillez-vous avec la City de Londres ou des partenaires européens ? Privilégiez le BrE. L’anglais « international » tend à se rapprocher de l’AmE, mais le BrE est souvent perçu comme plus « formel » en Europe.
Pour les Études : La distinction est vitale pour les examens. Le TOEFL est basé sur l’anglais américain. L’IELTS, bien qu’international, est géré par des institutions britanniques et australiennes (British Council, Cambridge) et favorise l’orthographe britannique.
Pour la Culture : Préférez-vous l’univers de Peaky Blinders ou celui de Breaking Bad ? Votre affinité culturelle guidera naturellement votre oreille.

8. Au-delà des mots : L’Influence sur la Perception Culturelle
Dans un contexte international, le choix entre l’anglais britannique et américain n’est pas qu’une question de grammaire : c’est un signal social puissant. Votre façon d’écrire et de parler influence inconsciemment la manière dont vos interlocuteurs perçoivent votre message et votre personnalité.
Le « Soft Power » de l’Accent
Les études sociolinguistiques montrent que les accents véhiculent des stéréotypes tenaces dans le monde des affaires :
L’Accent Britannique (RP) : Il est souvent perçu comme un marqueur d’autorité, d’intelligence académique et de sophistication. Dans les films hollywoodiens, les « méchants » calculatrices ou les mentors sages ont souvent un accent britannique pour cette raison. En négociation, il peut induire une distance respectueuse.
L’Accent Américain (General American) : Il est généralement associé au dynamisme, à l’ouverture et à la modernité. Il est perçu comme plus « amical » et direct. C’est la langue par défaut de la Tech et des startups.
L’Orthographe comme Signal d’Appartenance (« Tribal Signal »)
L’orthographe agit comme un code vestimentaire. Utiliser honour (BrE) dans une lettre de motivation pour une startup de la Silicon Valley peut inconsciemment signaler que vous êtes « traditionnel » ou « hors du coup ». À l’inverse, écrire color (AmE) dans un dossier juridique à Londres peut être perçu comme un manque de rigueur ou de respect pour l’institution.
La règle d’or culturelle : La cohérence rassure. Le mélange des deux (ex: un accent américain avec du vocabulaire britannique comme lift) crée une dissonance cognitive qui peut faire passer le locuteur pour « non-natif » ou désorganisé.
Vers une neutralité internationale ?
Aujourd’hui, une troisième voie émerge : le Mid-Atlantic English. C’est une variété « neutre » souvent adoptée par les diplomates et les PDG internationaux, qui gomme les marqueurs trop régionaux (ni l’argot texan, ni le Cockney londonien) pour maximiser la compréhension universelle.
9. L’Évolution Grammaticale : Un facteur décisif pour le TOEFL, Cambridge et le TOEIC
Au-delà du vocabulaire, l’anglais britannique et américain divergent sur des points de grammaire subtils qui ont évolué différemment de part et d’autre de l’Atlantique. Pour les examens standardisés, ignorer ces nuances peut coûter des points précieux dans les sections de structure et d’expression écrite.
Le TOEFL (100% Américain) : Le règne du Subjonctif
Le TOEFL teste l’anglais académique nord-américain. Une particularité grammaticale que l’anglais américain a conservée (alors que le britannique l’a souvent abandonnée) est le subjonctif mandatif.
La règle : Après des verbes de demande ou de suggestion (suggest, insist, recommend), l’américain utilise la base verbale brute.
L’exemple critique :
TOEFL (Correct) : « The professor suggested that he study more. » (Subjonctif)
Usage Britannique courant : « The professor suggested that he should study more » ou « that he studies more. »
Impact : Sur le TOEFL, choisir la forme avec « should » ou le présent simple dans une section de correction de phrase peut être considéré comme une erreur de style ou de registre.
Les Examens Cambridge (C1 Advanced / C2 Proficiency) : La précision du Present Perfect
Les examens de Cambridge (influencés par la norme britannique) sont intransigeants sur l’aspect temporel.
La Nuance : L’anglais américain évolue vers une simplification où le Past Simple remplace souvent le Present Perfect pour des actions récentes.
US (Accepté) : « I lost my keys. Can you help me? »
Cambridge (Attendu) : « I have lost my keys. Can you help me? » (L’action a une conséquence présente : je ne peux pas entrer).
Impact : Dans les exercices de « Sentence Transformation » du Cambridge, utiliser un prétérit là où la conséquence présente exige un Present Perfect britannique vous fera perdre des points. De même pour les noms collectifs : « The team are winning » est standard à Cambridge, mais bizarre pour un correcteur américain.
Le TOEIC : Le piège du participe passé « Gotten » et des Causatifs
Bien que le TOEIC soit « international », il utilise souvent des structures grammaticales américaines qui déroutent les étudiants formés à l’anglais scolaire britannique.
Le « Gotten » (Partie 5 & 7) : En anglais britannique, le participe passé de get est got. En américain, c’est souvent gotten.
BrE : « He has got better. »
AmE/TOEIC : « He has gotten better. »
Impact : Si vous voyez « gotten » dans une phrase à trous (Partie 5), ne le cochez pas comme une erreur ! C’est une forme standard au TOEIC.
Les Verbes Causatifs (Partie 5) : Le TOEIC adore tester la structure Have/Get something done. La différence subtile est que l’américain utilise plus volontiers « Have » sans « got ».
Question type : « Do you have a moment? » (AmE/TOEIC) vs « Have you got a moment? » (BrE). Le TOEIC privilégie souvent la forme avec l’auxiliaire DO (Do you have).
10. Focus Expert : L’Impact Stratégique sur votre score TOEIC
Si vous préparez le TOEIC, comprendre la tension entre l’anglais de Webster (US) et l’usage britannique n’est pas qu’un point culturel : c’est une compétence technique. L’examen, conçu par ETS, est un hybride qui teste votre capacité à changer de contexte mental pour valider votre maîtrise du Global Business English.
A. Reading (Parties 5-7) : La Rigueur de Webster et la Concision
Dans les parties écrites, l’influence de Noah Webster (père de la standardisation américaine) domine. Le « style gagnant » est logique et direct.
L’astuce grammaticale (Partie 5) : Webster a rationalisé l’orthographe pour l’efficacité. Repérer les suffixes en -ize (US) plutôt qu’en -ise (UK) ou -or plutôt que -our peut vous faire gagner de précieuses secondes pour identifier la nature d’un mot.
La victoire de la concision : Le TOEIC pénalise souvent les structures alambiquées. Une phrase comme « Please send the report » sera souvent la bonne réponse face à une formulation trop lourde, sauf si le contexte exige une diplomatie extrême.
Votre stratégie : En mode lecture, soyez mathématique. Cherchez la structure Sujet + Verbe + Complément.
B. Listening (Parties 1-4) : Le Piège des « Faux Amis » et la Pragmatique
C’est ici que l’influence britannique et internationale reprend ses droits. Le danger change de nature : il ne s’agit plus de logique, mais d’adaptation.
Le piège visuel (Partie 1) : Les « distracteurs » jouent sur le vocabulaire. Si l’audio dit « The lift is broken » (BrE) et que vous cherchez désespérément un « elevator« (AmE) sur l’image, vous perdez le point. Vous devez connaître les paires synonymiques (Lorry/Truck, Flat/Apartment).
La « Politesse Négative » (Partie 2) : C’est une spécialité britannique. La bonne réponse est souvent indirecte.
Question : « Who is leading the meeting? »
Réponse attendue (Logique US) : « Mr. Smith is. »
Réponse réelle (Pragmatique) : « I haven’t checked the schedule yet. » (Sous-entendu : je ne sais pas).
L’oreille flexible : Habituez-vous aux accents « non-rhotiques » (où le ‘R’ final n’est pas prononcé, comme cah pour car), typiques de l’anglais britannique et australien, très présents dans le test actuel.
Synthèse : Comment câbler votre cerveau ?
Pour maximiser votre score, ne choisissez pas un camp. Développez une compétence hybride :
Mode Production (Écrire/Lire) : Adoptez la structure américaine (clarté, efficacité).
Mode Réception (Écouter) : Adoptez la nuance britannique (vocabulaire varié, déduction du contexte).
Conclusion : Une Langue, Deux Identités
Les différences entre l’anglais britannique et américain sont un témoignage fascinant de l’évolution de la langue. Aucune version n’est supérieure à l’autre ; elles sont simplement adaptées à leurs contextes culturels.
Le plus important n’est pas de choisir un camp, mais d’être cohérent. Si vous commencez un e-mail avec l’orthographe « colour », ne le terminez pas avec « organize ». La cohérence est la marque d’un vrai professionnel.
Votre Prochaine Étape :
Maintenant que vous connaissez la théorie, il est temps de pratiquer.
Action : Quelle version de l’anglais utilisez-vous le plus au quotidien ? Avez-vous une préférence ? Laissez votre avis dans les commentaires ci-dessous !
Ressource : Ne vous perdez plus dans les traductions !
